img
SarWatch Writer
RAPPORT SYNTHÈSE DES TRAVAUX DE LA CINQUIÈME EDITION DE L’ALTERNATIVE MINING INDABA DE LA REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO

 INTRODUCTION                                                                                                                                        

Southern Africa Resource Watch (SARW) a organisé du 27 au 28 octobre 2021 à Pullman Grand Hôtel de Kinshasa, en partenariat avec Open Society Initiative for Southern Africa (OSISA), Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) et Norwegian Church Aid (NCA), la 5ème édition de l’Alternative Mining Indaba (AMI) de la République Démocratique du Congo (RDC) sous le thème « La Valorisation et la Transformation locale des Ressources minérales de la République Démocratique du Congo : Portée, défis et perspectives ».

Près de 150 participants venus de la ville de Kinshasa, des provinces et de l’étranger (Afrique du Sud, Botswana, Ethiopie, Kenya, Ouganda, Sénégal, Sud-Soudan et Zimbabwe) ont pris part physiquement à ces travaux et d’autres les ont suivis par zoom. Parmi les participants, l’on a noté le Ministre de l’Industrie, les Ministres provinciaux des Mines, les délégués de la Présidence de la République, le Coordonnateur du Centre Africain pour le Développement du secteur minier de l’Union Africaine (UA), les délégués des Ambassades (Rwanda, Belgique et Norvège ), les Secrétaires Généraux de l’Administration publique, les Directeurs Généraux et responsables des services publics, le Président de la Fédération des entreprises du Congo (FEC), les délégués des entreprises minières publiques et privées, les représentants des Confessions religieuses et des Organisations de la Société civile dont les groupes des femmes travaillant dans les mines et des jeunes.

Le Secrétaire Général aux Mines, représentant la Ministre Nationale des Mines empêchée, a ouvert et clôturé la 5ème édition de l’AMI. Les travaux de cette édition de l’AMI se sont déroulés en quatre parties : la cérémonie d’ouverture, les sessions plénières, les ateliers parallèles et la cérémonie de clôture.

 SESSION D’OUVERTURE

Au cours de la cérémonie d’ouverture, les participants ont suivi trois allocutions. Circonscrivant le contexte de l’organisation de la 5ème édition de l’AMI, le Directeur Exécutif de SARW, Claude Kabemba, a déclaré que le choix du thème de cette édition a été motivé par la nécessité de contribuer à la rectification du modèle actuel de gestion des ressources minérales consistant à exporter les matières premières brutes puis importer leurs produits finis, plus particulièrement dans le contexte économique mondial, dominé par la transition énergétique. Ce thème vise également à répondre à la question capitale de savoir comment la RDC pense se positionner pour tirer le maximum de profits de ses minerais stratégiques en ce moment critique de la transition énergétique. Pour maximiser les revenus grâce à la hausse des prix des minerais stratégiques et pour optimiser les bénéfices de l’exploitation de ses ressources minérales, la RDC doit procéder à leur transformation locale en produits finis ou semi-finis.

Prononçant le mot de la société civile, Monseigneur Sébastien Muyengo, Président de la Commission Episcopale pour les Ressources Naturelles de la CENCO (CERN/CENCO) a posé quatre questions fondamentales : A qui appartiennent les minerais de la RDC ? Qui a le pouvoir de décider de la transformation ? L’Etat ou le détenteur du titre minier ? Et de quel type de transformation s’agit-il ?

 A la suite de ses questions, il a démontré la contradiction dans la loi qui limite la capacité de l’Etat à transformer les ressources minérales localement. Si l’article 9 de la Constitution du 18 février 2006 réaffirme la souveraineté permanente de l’Etat sur les ressources minérales, l’article 3 du Code minier consacre cependant la propriété des produits marchands en faveur des titulaires des droits miniers. « Cette disposition dépouille l’Etat congolais du pouvoir de décider sur l’obligation légale faites aux compagnies minières de transformer leur production minière en République Démocratique du Congo ». Toute production minière est destinée à l’exportation. Pour mettre fin à cette contradiction, il a recommandé la relance des entreprises publiques minières auxquelles on assignerait une nouvelle mission ou la création de nouvelles entreprises avec des missions bien précises.

Dans son allocution d’ouverture, le Secrétaire Général aux Mines, Monsieur Théo Mboma Zwabisala, a salué le choix du thème de la 5ème édition de l’AMI et a souhaité que les échanges aboutissent à des recommandations pertinentes et susceptibles de converger avec le contenu de la feuille de route du Ministère élaborée à l’issue des états généraux des Mines.

SESSIONS PLENIERES

Première Session : La Vision Minière Africaine et la Valorisation des Substances Minérales

Il s’est agi de la mise en exergue du lien entre l’exploitation transparente, équitable et optimale des ressources minérales et la croissance durable pour assurer un développement socio- économique à large assise. Ce lien est également renforcé par la finalité de la norme de l’Initiative pour la Transparence des Industries Extractives (ITIE). La RDC comme tous les autres pays africains dotés des potentialités minérales doit considérer « la transformation locale des substances minérales comme la seule et l’unique voie pouvant faire renaître l’industrie sur l’étendue du pays en vue de la diversification économique ». Cette approche cadre avec la Vision Minière Africaine adoptée par les Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’UA en 2009.

La RDC comme tous les autres pays africains dotés des potentialités minérales doit considérer « la transformation locale des substances minérales comme la seule et l’unique voie pouvant faire renaître l’industrie sur l’étendue du pays en vue de la diversification économique ». Cette approche cadre avec la Vision Minière Africaine adoptée par les Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’UA en 2009.

Le Professeur Emile Ngoy, Doyen de la Faculté des Sciences Economiques de l’Université de Kinshasa, comme les autres participants ont noté que « tout pays aspire à une croissance économique durable, soutenue et inclusive, et donc au progrès, au développement et à l’amélioration continue des conditions de vie de sa population ». A cet effet, au regard des opportunités liées aux potentialités des substances minérales, le bien-être social collectif doit être au centre des préoccupations, des actions, des mesures et des décisions des pouvoirs publics congolais.

Deuxième    Session    :    La    Transformation    Locale    des    Substances Minérales, l’Industrialisation et le Développement

Cette session s’est penchée sur la place de substances minérales dans le plan d’Industrialisation de la RDC. Le ministre de l’Industrie, Julien Paluku, a indiqué que le Gouvernement congolais venait d’adopter le plan d’industrialisation et la directive y relative comme instruments devant conduire à migrer vers un nouveau modèle économique. Il a indiqué que « l’économie de la RDC est une économie de rente extravertie et le secteur minier y occupe une place de choix. Sa part au PIB a dépassé 25% au cours de cinq dernières années. En 2018, ce secteur a contribué à 98% des exportations totales de marchandises, à 20,3% des recettes publiques et à 28,7% du PIB ». La stratégie de la transformation locale des minerais est définie dans le Document de la Politique et des Stratégies Industrielles (DPSI) et se résume en la « valorisation minière et métallurgique ».

Pour ce faire, le Gouvernement entend promouvoir la transformation la plus accrue de différentes substances minérales et leurs applications industrielles et domestiques. Il va procéder par le développement de plusieurs filières minières à fort impact économique et social, notamment les filières aluminium, fer, cuivre, or, cobalt et lithium. La RDC doit investir dans cette industrie qui permet d’assurer une transition vers les énergies propres et créer une chaîne de valeur régionale autour de l’industrie des batteries électriques et un marché pour les véhicules électriques.

 

 Toutes ces actions auront un impact socio-économique très positif, notamment la réduction des importations (satisfaction de la demande locale), la création de nouvelles entreprises et la valorisation de la chaîne de production des substances minérales, la création des richesses en faisant passer le PIB de 50 à 100 milliards, la création des emplois (réduction sensible du taux du chômage), l’accroissement des recettes fiscales pour un budget de 25-30 milliards ainsi que la réduction de la pauvreté.

Ce plan accorde une place à la transformation locale des minerais stratégiques d’ici 2030 mais il y a des préalables à accomplir notamment « la nécessité de la connaissance approfondie des potentialités minérales, le bon climat des affaires ainsi que la volonté politique des dirigeants ».

Quant au Président de la Fédération des Entreprises du Congo (FEC), Albert Yuma Mulimbi, il a rappelé la nécessité de s’appuyer sur les mines pour développer l’économie du pays. « Il a encouragé l’interdiction de traitement des concentrés à l’extérieur de la RDC et le renforcement de l’écosystème minier local à travers la sous-traitance ainsi que le développement des compétences minières nationales ». Il a insisté sur le fait que les minerais stratégiques donnent aussi une opportunité à l’Etat d’accroitre ses revenus, avec la flambée des prix sur le marché international et qui doivent être injectés dans la création des entreprises de transformation. Pour le Président de la FEC, la transformation locale des ressources minérales ne peut réussir que dans le respect des règles de transparence. Il a recommandé la publication régulière des contrats commerciaux, des rapports financiers des entreprises privées et étatiques.

Troisième Session : Les Expériences Etrangères en Matière de Transformation Locale des Substances Minérales.

Au cours de cette session, les échanges ont tourné autour des expériences du Rwanda, du Botswana et du Zimbabwe. L’expérience du Rwanda a été présentée par son Ambassadeur en RDC, Vincent Karega, et a été focalisée sur l’exemple de l’implantation d’une raffinerie de l’or dans ce pays qui est approvisionné tant par l’or rwandais, congolais que des autres pays. « La raffinerie d’or construite par le Rwanda a couté cinq millions de dollars américains et cela à capitaux mixtes (Rwandais et Américain) pour la valorisation non seulement des minerais extraits au Rwanda mais aussi pour offrir des services de raffinerie aux opérateurs miniers africains qui le souhaitent ». La RDC qui possède des quantités importantes de l’or peut en construire autant afin de maximiser ses recettes fiscales et tirer suffisamment des revenus autour de l’exploitation de l’or à l’Est du pays.

En ce qui concerne l’expérience du Botswana, les participants ont appris de la part de Charles Siwawa, Secrétaire Exécutif du Syndicat des Travailleurs Miniers, que le Botswana possède des gisements importants de diamant exploité depuis plusieurs années par De Beers. Alors que De Beers traitait le diamant à Londres, l’Etat botswanais avait exigé de son partenaire (De Beers) à déplacer ses usines de taille et de polissage de Londres à Gaborone. L’Etat botswanais tire suffisamment profit de ses ressources diamantifères jusqu’à faire de lui un des pays économiquement stables du continent. « Il importe d’indiquer que c’est le leadership politique et la bonne gouvernance des dirigeants induisant un consensus national sur l’utilisation des revenus miniers qui constituent les facteurs déterminants du miracle botswanais ». Depuis son indépendance, le Botswana est un pays politiquement stable et où le jeu démocratique est respecté. Grâce à cette stabilité politique, les différents dirigeants politiques ont réussi à mettre en place un climat des affaires propices au développement économique et une transparence dans la gestion des revenus du secteur minier.

Du Zimbabwe, les participants ont suivi l’expérience des femmes œuvrant dans le secteur minier et des défis auxquels elles sont confrontées, un peu semblable à ceux connus par les femmes congolaises. Parmi les défis, les participants ont épinglé les barrières culturelles et les préjugés qui empêchent les femmes de s’adonner pleinement aux activités minières et d’accéder au financement sous prétexte que les femmes n’offrent pas de garanties sûres. Environ 15% d’entreprises répondent favorablement à la demande de l’appui financier aux femmes. Pour relever ces défis, les femmes dans les mines se sont organisées à travers une association (Zvishavane Women Miners Association) pour défendre leurs droits dans le secteur minier. Le gouvernement du Zimbabwe a apporté un appui financier au programme de formation mais la plupart de subventions proviennent des organisations de la Société civile. Cette association a besoin du soutien politique pour la transformation locale des minerais produits par les femmes.

Participants de l'AMI/RDC2021

Participants de l’AMI/RDC2021

Il ressort de ces expériences que la RDC a toutes les opportunités (l’abondance des ressources minières, une législation minière favorisant l’industrialisation, les besoins mondiaux en minerais stratégiques, la présence de plusieurs opérateurs miniers, la possibilité d’augmentation de la capacité de fourniture en énergie électrique, etc.) pour procéder à la transformation locale de ses ressources minérales, pour une valeur ajoutée, et une maximisation des recettes, il lui suffit à ce sujet d’avoir une volonté politique, suivie d’une bonne gouvernance soutenue et un leadership visionnaire.

Quatrième Session : La Contribution des Entreprises à la Valorisation des Substances Minérales, au Contenu Local et à la Sous-traitance

Cette session a connu la participation des sociétés minières suivantes : Tenke Fungurume Mining (TFM), Glencore/RDC et la Société Minière du Kivu et du Maniema (SAKIMA). Les délégués de ces entreprises ont souligné le fait que la responsabilité de la transformation locale des minerais relève d’abord du Gouvernement congolais. Si les sociétés minières ont obtenu un moratoire pour continuer à exporter les concentrés des minerais, c’est parce que le Gouvernement n’a pas fourni l’électricité nécessaire pour le traitement des minerais au niveau national. L’argument du déficit énergétique allégué par les entreprises minières est considéré par certains observateurs comme insuffisant pour contourner l’obligation légale de transformation locale des minerais imposée par le Code minier.

C’est dans le même sens qu’a abondé Raphaël Ngoy, Ancien Manager de First Quatum Minerals/RDC et Ancien Chef de Service Cobalt, Luilu, à la Gécamines, qui soutient qu’il est actuellement possible à toutes ces entreprises minières de procéder au traitement local des substances minérales. Selon lui, « l’option de la production locale du cobalt métal a été abandonnée au profit des concentrés. Ce qui occasionne des pertes énormes pour l’Etat congolais en termes des milliers de tonnes des minerais associés et au transfert de la main d’œuvre aux pays où se situent les raffineries des minerais congolais (Chine et Finlande) ». D’où l’impératif de procéder à la valorisation et à la transformation locale du cobalt congolais dans ce contexte de la transition énergétique.

Cinquième Session : La Valorisation des Substances Minérales issues de l’Exploitation Artisanale

 Cette session a mis en exergue le fait que le cobalt, le coltan et l’or sont les trois minerais dont la valorisation devra contribuer au développement économique du pays au regard de leur importance sur le marché mondial des minerais. Le cobalt est un minerai stratégique dans la transition énergétique. Les discussions au cours de cette session ont montré que « la RDC possède les plus grandes réserves mondiales du cobalt et du coltan. Ces deux minerais stratégiques pour l’industrie technologique de pointe doivent être valorisés et transformés localement en produits finis sous forme des batteries pour les voitures électriques et des téléphones labélisés en RDC ». Il a été recommandé que la RDC s’assure qu’une grosse part de la valeur ajoutée tout au long de la chaine de valeur reste au pays. C’est dans cette optique que la RDC peut diversifier son économie, créer des emplois décents et maximiser les recettes de l’Etat. Cette politique contribuera suffisamment à la restauration de la paix et de la sécurité ainsi qu’à l’industrialisation et à la reconstitution du tissu économique du pays.

Pour la Province du Lualaba dont l’opinion a été exprimée par le ministre provincial des mines, Monsieur Jean-Marie Tshizainga, la valorisation efficiente du cobalt de l’exploitation artisanale passe par les réformes initiées depuis 2017 ayant abouti à la construction du Centre de Négoce de Musompo, à la viabilisation des Zones d’Exploitation Artisanale (ZEA) et à l’accompagnement des sociétés-coopératives minières à migrer vers la petite mine, impliquant ainsi une semi-industrialisation de certaines activités de l’exploitation minière artisanale.

Ministre des Mines de la province du Lualaba, Monsieur Jean-Marie Tshizainga

Ministre des Mines de la province du Lualaba, Monsieur Jean-Marie Tshizainga

Il ressort des discussions au cours de cette session que la réussite du processus de valorisation et de transformation locale des minerais issus de l’exploitation artisanale dépend de la réalisation de certains préalables. En effet, le Gouvernement congolais devra rétablir la sécurité sur toute l’étendue du territoire national (particulièrement à l’Est), ériger les infrastructures de transport pour faciliter l’accessibilité aux sites miniers, renforcer les capacités des exploitants artisanaux, créer un fonds pour l’artisanat minier et installer des fonderies et des raffineries. Bref, le Gouvernement congolais doit jouer son rôle de premier plan notamment dans la formalisation de l’artisanat minier (à travers la viabilisation des ZEA, l’opérationnalisation de l’EGC et l’installation de l’ARECOMS) et la mise en place des conditions requises pour la transformation locale des minerais issus de ce secteur (installation des infrastructures et fourniture de l’énergie)».

 Il a été clairement noté que la question de la valorisation du cobalt come du coltan issu de l’exploitation artisanale nécessite un regard approfondi des différentes parties prenantes. Etant donné que la RDC détient la majeure part de la production mondiale du cobalt et du coltan, la transformation locale de deux minerais permettra, à ne point douter, à la RDC d’en tirer le maximum de bénéfice et de créer une véritable classe moyenne dans les provinces concernées par l’exploitation de ces deux substances minérales.

Etant donné que la RDC détient la majeure part de la production mondiale du cobalt et du coltan, la transformation locale de deux minerais permettra, à ne point douter, à la RDC d’en tirer le maximum de bénéfice et de créer une véritable classe moyenne dans les provinces concernées par l’exploitation de ces deux substances minérales.

Sixième Session : L’Impact de la Transformation Locale des Minerais sur le Contenu Local et la Sous-Traitance dans le Secteur Minier

La promotion du contenu local et la sous-traitance dans le secteur extractif constituent les facteurs de développement économique d’un pays. Ces deux facteurs sont des opportunités pour promouvoir et accompagner les Petites et Moyennes Entreprises (PME). L’application effective de la loi sur la sous-traitance devrait créer des opportunités énormes pour l’économie congolaise et surtout lorsque le pays adopte le Mécanisme de reporting sur l’approvisionnement local dans le secteur minier (MRAL) à l’instar du Sénégal. L’ITIE devra également recourir à ce mécanisme dans son système de travail pour contribuer à l’application effective de la loi sur la sous-traitance contournée dans la pratique observée sur le terrain. En effet, la sous-traitance étant réservée aux seuls Congolais, il a été révélé lors des discussions que certains étrangers sont actionnaires dans les entreprises de sous-traitance mais se cachent à travers des prête- noms congolais.

 Il a donc été recommandé au Gouvernement et à l’Autorité de Régulation de la Sous-traitance (ARS), en plus de poursuivre la vulgarisation et la sensibilisation de la loi sur la sous-traitance, d’enquêter sur les cas de prête-nom au sein des entreprises sous-traitantes opérationnelles et de sanctionner les contrevenants, d’intégrer la dimension genre dans toutes les politiques publiques, d’imposer des quotas en faveur des PME des femmes et de s’engager réellement à la transformation locale des minerais en vue d’accélérer la réduction des inégalités entre les populations congolaises.

Septième Session : Les Impacts de l’Industrialisation du Secteur Minier sur l’Environnement et les Conflits Armés

Cette session a traité deux sujets importants. L’impact que le développement de l’industrialisation pourrait avoir sur l’environnement, et l’impact que la transformation locale du coltan et de l’or pourrait avoir sur les conflits à l’Est de la RDC.

La transformation locale des minerais va, non seulement promouvoir l’industrialisation mais aussi produire des impacts négatifs sur l’environnement et sur le changement climatique. Par leur nature, l’exploitation minière et l’industrialisation produisent des impacts sur l’environnement. Il serait très important pour la RDC, en se lançant dans l’industrialisation à travers la transformation locale des minerais, d’intégrer des technologies qui réduisent les impacts environnementaux. Les discussions ont montré qu’il faut concilier l’homme-nature- économie à long terme. Il faut assurer le bien-être des Congolais qui vivent aujourd’hui et celui des générations futures.

Sur les conflits à l’Est du pays, il a été démontré que l’exportation des minerais bruts –Or et coltan, contribue et maintient les conflits. Les groupes armés trouvent les moyens de survivre à travers l’exploitation et l’exportation des minerais. Au lieu que l’exploitation minière contribue au développement, elle maintient l’insécurité en donnant des moyens aux groupes armés. La conférence a noté que la valeur ajoutée des minerais au niveau local pourrait réduire l’influence des groupes armés en les privant de moyens de survie car ne pouvant plus exporter les minerais exploités illicitement. Les participants ont recommandé qu’il soit interdit l’exportation des minerais bruts surtout dans la partie Est du pays.

Industrialiser le secteur minier surtout dans cette partie du pays devra contribuer à l’éradication des groupes armés étant donné que cette industrialisation va réduire sensiblement l’exportation des minerais bruts qui alimentent les groupes armés en moyens de subsistance et de nuisance.

 L’industrialisation permettra aussi d’augmenter la productivité et de créer la richesse nationale. Les discussions ont relevé qu’il faut une industrialisation responsable qui tient compte de la promotion de l’économie pour la réduction de la pauvreté, de la protection de l’environnement et qui devra contribuer à l’éradication de l’insécurité. Toutes ces recommandations visent la création des richesses pour améliorer les conditions de vie des populations.

 ATELIERS PARALLÈLES

Après les sessions en plénières, quatre groupes se sont constitués en ateliers, chacun avec un sous-thème particulier. Ces quatre ateliers ont porté respectivement sur :

  • La politique et les stratégies de la valorisation des ressources minérales ;
  • La transformation locale et la valorisation des substances minérales du cuivre et du cobalt ;
  • La transformation locale et la valorisation des substances minérales du coltan et de l’or ; et
  • Le processus de renégociation des contrats miniers et la valorisation des ressources minérales.

Les membres de chaque atelier ont engagé des discussions fructueuses qui ont abouti à des observations et recommandations présentées et adoptées en plénières des travaux.

 CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

Tous les participants ont été unanimes sur le fait que la RDC doit impérativement procéder à la transformation locale des substances minérales extraits de son sol et son sous-sol pour tirer au maximum les bénéfices de l’exploitation minière. La transformation locale va accélérer l’industrialisation qui aura un impact majeur sur la croissance économique et le développement, la création d’emplois, l’éradication des conflits armés et la réduction des inégalités. La RDC dispose de toutes les opportunités pour augmenter la valeur économique de ses ressources minérales afin d’espérer en tirer suffisamment profits en cette période de la transition énergétique. Pour y arriver, la transformation locale a besoin de l’énergie dont la RDC n’a pas à suffisance malgré les potentialités hydroélectriques existantes. Il lui suffit de traduire en acte la volonté déclarée par les autorités politiques suivie d’une bonne gouvernance et de la lutte contre la corruption.

A l’issue des travaux en sessions plénières et en ateliers, les participants ont formulé plusieurs recommandations dont les principales sont les suivantes :

  1. L’exploitation minière doit être associée directement au bien-être du peuple Congolais ;
  2. L’intensification des recherches géologiques sur l’ensemble du territoire national et la certification des réserves de toutes les substances minérales stratégiques ;
  3. La relance des entreprises publiques minières dans toutes les filières des minerais stratégiques et la dotation, en particulier, de la Gécamines de moyens suffisants pour contrôler l’offre en cuivre et cobalt sur le marché international ;
  4. L’évaluation minutieuse de tous les contrats miniers avant leur renégociation par une commission mixte dans un processus transparent ;
  5. L’application effective des dispositions du Code minier relatives à la transformation locale des substances minérales ;
  6. La création des conditions nécessaires pour la transformation locale des minerais notamment à travers un investissement dans les recherches scientifiques et technologiques, l’assainissement du climat des affaires, la lutte contre la corruption, la sécurisation des investissements, le renforcement de la formation de la main d’œuvre locale, l’érection des infrastructures de base et électriques, etc. ;
  7. L’installation des fonderies et des raffineries sur l’étendue du territoire de la République et le rachat de l’or par la Banque Centrale du Congo (BCC) ;
  8. La contextualisation du plan directeur d’industrialisation nationale par rapport aux filières cuivre-cobalt dans le souci de s’assurer que la RDC retienne le gros des bénéfices dans la chaine des valeurs aux pays ; ceci exigera que le pays ait des projets bancables au niveau de la chaine des valeurs des minerais clés à transformer en produits finis (câbles électriques, batteries, la production des alliages spéciaux) ;
  9. La création des structures financières spécialisées dans la production et la transformation du cuivre et du cobalt ;
  10. L’installation effective de l’Autorité de Régularisation et du Contrôle des Substances Minérales Stratégiques (ARECOMS) pour surveiller la commercialisation des substances minérales stratégiques ;
  11. L’opérationnalisation des zones économiques spéciales (ZES) pour la création des unités de transformation dans la filière cuivre-cobalt, et
  12. La mise sur pied d’une politique de lobbying et de marketing auprès des multinationales et autres investisseurs opérant dans la transformation du cuivre et du cobalt pour les inciter à installer leurs usines ou unités de fabrication des batteries et autres produits finis en

SARW tient à remercier les autorités publiques, les intervenants, les modérateurs et les participants ainsi que les partenaires pour leur collaboration dans la réussite de cette 5ème édition d’Alternative Mining Indaba de la République Démocratique du Congo.

Rapport synthese de la 5e édition de AMIRDC

Plus de couverture de l’AMI/RDC 2021 ici:

 

 

img
Vacancy: Programme Manager

About Us The Southern Africa Resources (SARW) is a leading civil society organisation in the governance of natural resources on the African continent. Through its programming,...

+ Read more
Summary Report of the 5th Edition of the Alternative Mining Indaba of the Democratic Republic of Congo

From the 27th to the 28th of October 2021, the Southern Africa Resource Watch (SARW) organised the 5th edition of the Alternative Mining Indaba (AMI)...

+ Read more
COP26 Should Call on Extractive Industries to be Proactive in Climate Adaptation and Mitigation Efforts Especially on the African Continent where their Activities are Dominant

PRESS RELEASE: The 26th Conference of Parties to the United Nations Framework Convention on Climate Change () in Glasgow takes place at a time when...

+ Read more
HUMAN RIGHTS DAY 2021: Extractive industries must swiftly adopt a human rights-based approach to their operations

  10 December 2021 The extractive industry is a key economic sector in the growth and development of many African countries, but has not been able to...

+ Read more
SADC countries must position natural resources for the purposes of fighting poverty

International Day for the Eradication of Poverty 2021

The Covid-19 pandemic and the climate crisis are reversing decades of progress in the fight against...

+ Read more
The South African government needs to act swiftly to formalise the Artisanal and Small-Scale Mining to curb illegal mining activities

The recent confrontation between law enforcement and people who were engaged in illegal mining activities in the North West, South Africa shows why the government...

+ Read more
Copper belt Civil Society Mining Forum Cautions Government on the Suspension of Artisanal and Small-scale Mining Activities on Disused Mining Dump sites

Press Statement 

Ndola -Zambia – We wish to congratulate the United Party for National Development (UPND) and its President His Excellence Hakainde Hichilema for...

+ Read more
SARW 2020 Annual report

As a result of the global Covid-19 pandemic, 2020 presented immeasurable difficulties for individuals and organisations alike. The pandemic has changed how we work, learn,...

+ Read more
PRESS RELEASE- CIVIL SOCIETY ORGANISATIONS WORKING ON EXTRACTIVE RESOURCE GOVERNANCE ON THE COPPERBELT PROVINCE OF ZAMBIA LAUNCH “THE COPPERBELT CIVIL SOCIETY MINING FORUM”

Ndola-Zambia – In response to the visible negative impact of mining activities on Copperbelt communities, ten national and regional advocacy organisations have come together to...

+ Read more
SARW’s RESPONSE TO THE CHAMBER OF MINES NAMIBIA MEDIA RELEASE OF 18 MARCH 2021

Re: Namibian Chamber of Mines observations on inaccuracies, faulty assumptions and allegations in the SARW Report. INTRODUCTION AND BACKGROUND: This document serves as the official Southern...

+ Read more
Mining Workers’ Health Must be Prioritise before Profit

World Day for Safety and Health at Work 2021 28 April 2021

The COVID-19 global health crisis has exposed the lack of preparedness for disaster...

+ Read more
REPORT OF THE ACADEMIC SESSION TO THE ECONOMIC AND SOCIAL COUNCIL

THE MINING CODE WITH REGARD TO THE IMPERATIVE OF COMMUNITY DEVELOPMENT Kinshasa, April 22, 2021

The Economic and Social Council (CES) was established...

+ Read more
RAPPORT DE LA SEANCE ACADEMIQUE AU CONSEIL ECONOMIQUE ET SOCIAL

LE CODE MINIER AU REGARD DE L’IMPERATIF DU DEVELOPPEMENT COMMUNAUTAIRE

Kinshasa, le 22 Avril 2021

Le Conseil Economique et Social (CES) a été...

+ Read more
SARW’s message on International World Health Day 2021

International World Health Day 2021 comes as the world continues to reflect on the impacts of the Covid-19 pandemic on people’s health. The occasion is...

+ Read more
How mineral resources can fuel the development of Africa in the context of post-Covid economic recovery

The UN Department of Economic and Social Affairs (DESA) has estimated that Covid-19 has pushed 131 million people into destitution in 2020. Its long-term effects...

+ Read more
SARW ANNUAL REPORT 2019

It  is with great pleasure the Southern Africa Resource Watch presents its first annual report as an independent watchdog that seeks to ensure that Africa, and...

+ Read more
SADC Countries Should Draw Lessons From Each Other’s Experiences to Harness the Extractive Industry for People’s Benefit

The drama of the U.S election, previously lauded as the beacon of democracy, has grabbed the world’s attention as the incumbent, President Trump, has refused...

+ Read more
SARW submission on Zambia’s mining legislation and policy framework

 SARW recently appeared before the legal review technical committee of the  Zambian Ministry of Mines and Minerals Development Act of 2015 (MMDA).  The...

+ Read more
Announcement on New Funding Support to SARW from the Charles Stewart Mott Foundation

We are pleased to share with you great news on the new funding support to SARW by The Charles Stewart Mott Foundation towards our Business...

+ Read more
ACCOMPAGNEMENT DE LA CHEFFERIE DE BAYEKE PAR SARW DANS LES CONSULTATIONS DES COMMUNAUTES EN VUE DE LA SIGNATURE DU CAHIER DES CHARGES DE L’ENTREPRISE TENKE FUNGURUME MINING

SARW est engagé dans un processus de renforcement des capacités des Entités Territoriales Décentralisées (ETD) en République Démocratique du Congo (RDC). C’est dans ce cadre...

+ Read more
Pursuing An Economic Independence Through the Control of Mineral Resources

Today we celebrate Africa Day at a time we are grappling with the health pandemic of COVID19. COVID 19 could reduce by more than half...

+ Read more
First Quantum Minerals and the New Science Lab at Kyafukuma School

Southern Africa Resource Watch (SARW) commends First Quantum Minerals (FQM) on the decision to support the community of Kyafukuma1 by providing support to the education...

+ Read more
Synthèse travaux société civile RDC

La Coordination des Actions des plaidoyers de la Société civile pour la gouvernance des Ressources naturelles s’est réunie, le jeudi 23 janvier 2020, dans la...

+ Read more
Civil Society Organisations Working Together for Change in Zimbabwe’s Extractive Industries

Southern Africa Resource Watch (SARW) hosted a roundtable discussion for civil society organisations working on the extractive industries in Zimbabwe, particularly the mining sector, on...

+ Read more
Revoke Lower Zambezi mine licence, demands Lange

THE Southern Africa Resource Watch has appealed for an advanced political intervention in the matter where a mining project is about to start in the...

+ Read more
Civil Society Africa Mining Vision Conference: Evaluation of the AMV Ten Years in Existence

As part of its resource diplomacy and capacity development programmes, the Southern Africa Resource Watch (SARW) in partnership with Third World Network (TWN), Tax Justice...

+ Read more
Colloquium on EITI Implementation in The Great Lakes Region

The Southern Africa Resource Watch (SARW) in partnership with ICGLR – Levy Mwanawasa Regional Centre for Democracy and Good Governance the technical and scientific organ...

+ Read more
Colloquium on EITI Implementation in The Great Lakes Region

The Southern Africa Resource Watch (SARW) in partnership with ICGLR – Levy Mwanawasa Regional Centre for Democracy and Good Governance the technical and scientific organ...

+ Read more
Glencore et La fermerture de MUMI : un chantage ou une réaction réelle aux défis du marché?

La compagnie Swisse Glencore a annoncé la fermeture imminente pour au moins deux ans de sa mine de Mutanda Mining (MUMI) dans la province de...

+ Read more